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dimanche 12 avril 2020

"Chant de Pâques", petit retour sur le texte de Ramuz.


Ecrit pour son petit-fils, que Ramuz surnomme "Monsieur Paul", ce texte (de 1944 ?) entraîne l'enfant au jardin pour une observation de la résurrection du monde, au printemps :

"Regarde, écoute et puis aspire, car tout l'être est sollicité : il y a ces plantes qui poussent hâtivement dans les fissures des vieux murs ; […] Et tous ces bourgeons lustrés s'exhalent, ayant avant les fleurs leur langage qui ne s'entend pas, mais qui est quand même par nous intimement perçu. Passe ta langue sur ta lèvre; elle est toute collante d'une espèce de miel ; respire la paume de ta main qui est verte : c'est la sève, la grande circulation qui est dans les troncs, dans les moindres tiges, qui raidit les germes sous terre et qui fait qu'ils percent la terre comme le menuisier une planche de son foret. Et que s'ils rencontrent une pierre, ils la déplacent, un quartier de roc, ils le fendent: frêles et faibles, tellement faibles, plus forts que tout. C'est qu'ils sont appelés au jour. La suscitation du désir est en eux. Tout est suscité, tout ressuscite, tout recommence."

Ramuz au jardin, avec Monsieur Paul...
Dans la postface de l'édition de 1993 (publiée par Séquences), Adrien Pasquali donnait à ce texte un statut exceptionnel :

"Chant de Pâques est un texte de résurrection, hors du tombeau où le langage prend son origine insituable. Texte court, éminemment singulier, ces pages ne sont pas du "Ramuz" des Œuvres complètes : parole de médiation et de révélation, parole d'inspiration et d'expérience, elle travaille certes avec des modèles élaborés par tout l'œuvre antérieur, mais elle s'en démarque radicalement par l'intention. [...] En quelques pages, nous tenons là une totalité d'un autre ordre, qui serait à elle seule comme l'autre versant de tout l'œuvre antérieur. [...] il paraît moins provocateur que stimulant de penser à l'esquisse d'un second volet d'"oeuvre complète", tout entier dans ces pages."


Rappelons que ce texte est désormais disponible
 dans la réédition de La Guêpine, 
avec une préface de Jean-Louis Pierre :




Renseignement et commandes : 



jeudi 13 février 2020

"Symétrie, L'Enfant, Chant de Pâques", de C. F. Ramuz, publiés par La Guêpine !

Jean-Louis Pierre, éditeur de La Guêpine, a eu l'excellente idée de publier trois précieux petits textes de Ramuz qui étaient épuisés dans nos stocks :


Renseignements et commande :


Voir le site de l'éditeur :





mardi 30 mai 2017

Hommage à un bel article pour la Muette : "La Muette, une maison de papier", Le Matin dimanche, 15 avril 2017


Monsieur Daniel Maggetti nous signale cet intéressant article de Michel Audétat, publié dans Le Matin Dimanche du 15 avril dernier. Le lien vers le journal ne fournissant pas la version intégrale, nous proposons ce lien différent qui relaie l'article en entier :



Pour donner envie de le lire, voici quelques formules significatives :

"Visite de La Muette en compagnie de Ramuz"

"La Muette est un personnage", avec des citations de Ramuz parlant de sa maison (entre autres, le fameux texte "Ce que je vois par la fenêtre").
La Muette est dans maintes pages du Journal, dans Une Main, le jardin est dans Chant de Pâques...

Et nous citons la fin de l'article :
"[...] Cet inventaire est un autoportrait, l'âme de Ramuz s'étant déposée dans son oeuvre, mais aussi dans les choses au milieu desquelles il a vécu en les aimant. Entre les murs de la Muette, Ramuz reste vivant."


"L'escalier n'a qu'une dizaine de marches,
 mais chacune a sa personnalité."
Charles Ferdinand Ramuz, 
écrivain vaudois
(1878-1947)