C.F. Ramuz à Estavayer-le-Lac
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’est le milieu du mois d’août.
Les champs sont moissonnés. En ce samedi-là, le soleil et le grand vent
achèvent le séchage de beaux regains.
Par Champtauroz où résidait le
compositeur Dominique Gesseney-Rappo, puis Murist et sa cathédrale des paysans
reconstruite en 1938 et consacrée par Monseigneur Marius Besson à la vieille de
la seconde guerre mondiale, puis La Vounaise et Bollion, me voici à
Estavayer-le-Lac. Dans les ruelles de cette petite cité historique se tient
chaque année à cette époque, durant trois jours, une grande brocante en plein
air.
D’emblée, mes pas vont vers les
livres… Voici des ouvrages de Léon Savary, des romans d’Alice Rivaz (née à
Rovray), voici « Diégo », cet attachant roman de Charles-François
Landry édité chez Corrêa à Paris en 1940, avec cette émouvante dédicace :
A Monsieur le professeur Pierre Decker, que
j’ai rencontré
sur
les hauts plateaux de la douleur, où l’Esprit souffle mieux qu’ailleurs.
Parmi d’autres ouvrages brochés, je
découvre Ramuz, notre parrain, une biographie du grand écrivain
écrite par Hélène Cingria, publiée aux Editions Pierre Boillat à Bienne en
décembre 1956. En tant que membre de la Fondation Ramuz et celle des Amis de
Ramuz à l’Université de Tours (cette association animée par l’infatigable Jean-Louis
Pierre, auteur lui-même d’une récente thèse consacrée à l’œuvre de Ramuz), je
me fais un devoir d’acheter ce bouquin un peu jauni. Il est fort intéressant !
Hélène Cingria, qui était la fille du peintre Alexandre Cingria, raconte dans
ces pages, avec beaucoup d’humour et de simplicité, la trajectoire de cet ami
de ses parents.
Charles Ferdinand Ramuz et
Alexandre Cingria (le père d’Hélène) avaient fait connaissance pendant leur
école de recrues à la caserne de la Pontaise, en 1901 (1). Malgré quelques
tempêtes dues à leur caractère fort dissemblable, ils demeurèrent dès lors
toujours amis. Mais c’est surtout au sujet des débuts de l’écrivain à Paris que
l’ouvrage d’Hélène Cingria nous apporte des précisions bienvenues. Dans un
avant-propos, elle écrit en effet :
Ce « personnage », s’il
est devenu aujourd’hui un véritable « monument » mal connu ou ignoré
par les nouvelles générations, nous est ainsi restitué dans sa proximité
vivante. Je ne regrette pas mon achat à Estavayer-le-Lac.
André
Durussel (2011)
1) Au sujet de cette caserne de
la Pontaise, on relira aussi avec profit les pages que consacrait Gonzague de
Reynold à cette vénérable institution, des lignes dédiées au
capitaine-instructeur Paul de Vallière. (Cités et Pays suisses, première série,
Librairie Payot, Lausanne, avril 1914, p.75-83)
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