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jeudi 26 novembre 2015

Fondation Arnaud (Suisse) : Auberjonois, Muret, Ramuz et Stravinsky. Un spectacle et une exposition.






Le Diable, la plume et le pinceau


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Centre d'art lens fondation pierre arnaud lens valais 1080
Fondation Pierre Arnaud à Lens
René Auberjonois





 

Albert Muret

 Information communiquée par MontserratLopez Mujica
(membre des Amis de Ramuz)
que nous remercions.

dimanche 19 mai 2013

Du côté du peintre Albert MURET

Les Amis de Ramuz, dans leur Bulletin 33 de 2012, ont déjà rendu compte de l'importance que le peintre Albert Muret avait eue dans la découverte du Valais que fit Ramuz  à partir de 1906. Voir, en particulier, le texte de Jean-Louis Pierre ("Ramuz, les lieux aimés, et l'exemple de Si le soleil ne revenait pas", op. cit., pp. 139-150) et le dossier sur "Retour aux lieux aimés" (pp.183-213).
 
Pour prolonger cette évocation, ils vous proposent d'ouvrir le livre de Bernard Wyder, Christophe Flubacher, Noël Cordonier :
Albert Muret, dilettante magnifique
publié à Lens  par les Amis de Muret et les ayants droits, en 2010.
 
EN COUVERTURE : Autoportrait, 1918, (détail)
huile sur toile, 65 x48 cm.
 
 
 
Nous pouvons y découvrir Ludivine, la jeune servante du peintre, dont Ramuz fut amoureux :
 
 
Muret attablé, servi par Ludivine, photographie, 1905.
 
 
Ludivine servait aussi de modèle au peintre :
 
 
Jeune Valaisanne à l'ouvrage, huile sur toile, 60 x 60 cm,
(Ludivine et Titi).


Vous pouvez lire le récit pittoresque de l'adoption de Titi, "la petite chienne jaune", dans le Cabaret des Quat'z-arts", à Montmartre... (p. 41).
 
Et puis voici le village de Lens :
 
Eglise et village de Lens, aquarelle, 27 x 37 cm.
 
 
 
Arbres, le Louché et Lens, aquarelle, 34 x 49 cm.
 
" Le Louché représente pour Muret le site par excellence. Visuellement, l'étang lui appartient. Son chalet situé à l'est le domine. Ce miroir naturel est, à l'époque distant voire coupé du village proprement dit." (Cf. commentaire p. 112).
 
Mais il arrivait également à Muret de visiter le pays de Vaud, le pays de Ramuz. Se trouvent réunis sur cette toile trois "sujets" chers à l'écrivain : le lac, bien sûr, le bateau qui suit la rive ou fait "la traversée", et le train... qu'il empruntait pour aller dans le Valais (cf. extraits cités ci-dessous) :
 
 

La baie de Cully, 1923, huile sur toile, 63 x 76 cm.
 
Nous remercions les Amis de Muret de nous avoir autorisés à reproduire ces images. Outre leur qualité esthétique, leur intérêt est de montrer les paysages que Ramuz a connus... et souvent évoqués.

Sur notre site, la photo de Muret chasseur, dans le Bulletin 33 :



Extraits de textes de C. F. Ramuz sur le train...
 
 
Une esquisse :

" [...] un train vient, un train glisse, un train file sur sa gauche, avec sa fumée, très vite, comme si on traçait au crayon une ligne droite en travers des prés;
("Salutation paysanne", dans le recueil éponyme,  in OE. C., III,  Rencontre, 1973, p. 358).

 
Une "vision" :
 
"[...] ah ! livre-nous enfin, espace, ce que tu as à nous livrer, comme quand un ventre s'ouvre, comme si la terre devenait mère.
Il y a ce grand gémissement, ce grand frémissement, ce grand craquement ; et alors l'enfant sort de toi, tout petit encore, noir, informe, mais qui grandit déjà, qui est poussé, s'avance, qui mûrit, qui grandit, qui s'enfle, et tout à coup il devient tout, quand le terrain est soulevé comme un copeau sous le rabot et les choses qui sont dessus penchent, un arbre, des toits, des murs, des maisons, puis elles glissent de côté.
On a fermé les yeux. On n'a plus pu respirer. On a senti ce souffle vous claquer sous le côté gauche. On a été comme bu, on a quitté le sol. Tout le quai quitte le sol, le bâtiment de la gare, la terrasse du café, les tables, les chaises qui flottent, flottent un instant en l'air... Et puis, fini. Fini ou quoi?
Tout est retombé. On est retombé à sa place. Plus rien déjà que ce carré diminuant là-bas rapidement par le rapprochement de ses quatre côtés; ils se touchent, ils deviennent un point. Et puis, plus rien..."
 (" Gare", in op. cit., p. 404).

mercredi 4 mars 2009

Bulletin des Amis de Ramuz 19 (1999)















A Saillon... en hommage à Farinet ( qui a inspiré à Ramuz un célèbre roman) la plaque des Amis de Ramuz, prête à être posée (été 1999)


TABLE DES MATIERES DU BULLETIN 19:

VIE DE L'ASSOCIATION:

* A. G. et bilan financier 1999.

*Réponses à notre questionnaire sur la forme et le fond de notre Bulletin...et sur la manière dont les membres de l'association ont rencontré Ramuz.

*Projet du Dictionnaire des oeuvres de Ramuz; notice publiée à titre d'exemple: La Grande Peur dans la montagne.

* Le dernier silence d'Adrien Pasquali, par Liliane Jouannet: cf. ci-dessous.

ACTUALITES RAMUZIENNES:

*Brèves, par Gérard Poulouin.

*Le Grand Saint-Bernard, par André Aubailly.

* Retour à Lens, par André Aubailly.

ETUDE:

*André Gide et Ramuz, par Gérard Poulouin.

DE RAMUZ:
* Quelques lettres: à Eric de Montmollin; à Albert Muret; à Philippe Soupault (commentaire de Jean-Louis Pierre).

FONDS RAMUZ:

*Présentation du Fonds et manuel d'interrogation du catalogue informatisé, par Catherine Moreau.
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Nous choisissons de publier un extrait de ce Bulletin, en hommage à la mémoire d'Adrien Pasquali, auteur d'une thèse sur Ramuz (édition commentée d'Adam et Eve, en 2 vol.).

1999/2009, DIX ANS DEJA: SOUVENIR D'UN HOMMAGE


Voici un extrait du texte publié dans le Bulletin 19:


"Le dernier silence d'Adrien Pasquali"


" Le dernier livre d'Adrien Pasquali, Le Pain de silence, a été publié en mars 1999, et le 23 du même mois l'auteur a choisi de se donner la mort. Le lecteur reçoit avec émotion ce long thrène poétique sur l'intolérable silence dont fut, en quelque sorte, "nourrie" son enfance [cf. sens, ici, du mot "pain?].
" Le texte fascine, a priori, par sa disposition typographique: il se "déroule", sans commencement (pas de majuscule), ni fin (pas de point), sans aucune coupure que celle des deux chapitres, mais qui semblent plus être les strophes d'un immense poème, en prose. Ces strophes sont tissées autour de deux phrases incrustées comme des refrains: celle de (ou attribuée à) la mère ( sans doute n'as-tu jamais été un enfant) et celle du père (parlez plus doucement). Autour de ces deux phrases, à la fois si pauvres et si définitives, l'auteur construit une méditation passionnée et douloureuse sur lui- même, sur le monde, sur les mots:
[...] et"sans doute n'as-tu jamais été un enfant" pourrait vouloir dire, non pas que je n'ai pas été mis au monde, en l'état actuel des choses, cela semble plutôt improbable ou inconvenant, mais que j'aurais été mis au monde tout grand, tout fait et tout imparfait à la fois, enfant, adolescent, adulte, peu importe ou presque, pourquoi pas, mais pas enfant, pas pas parlant (1) dans le repos, le délassement, la déliaison d'un bain de paroles, pas parlant dans la béatitude tenace d'un sourire, d'un cri, d'un babil comme une grande bouffée d'air frais, et que si cette mort qui a déjà eu lieu mais doit durer toute une vie [...], si elle sait pouvoir prendre tout son temps, n'étant pas pressée, sûre que le dernier mot, le dernier soupir lui appartient, comme lui appartient le premier, [...] il faut continuer, d'une suite de mots, jamais une phrase, sans point final, ni suspension, ni exclamation, ni interrogation, ni parenthèse ouverte, fermée, ni guillemets, ouverts, fermés, que sais-je encore?, il viendra sans doute un jour, où grâce à la pâte des mots, je m'installerai dans cette pierre, et où je serai tout à fait né
Le Pain de silence, pp. 84-85, (fin du premier chapitre), éd. Zoé, 1999.
[...]


(1): l'étymologie latine du mot "enfant" est infans, et signifie: "celui qui ne parle pas".

L. J.