samedi 7 avril 2018

Ramuz cité par-ci, par-là... Des suggestions de lectures ?


 Notre Président, Gérard Poulouin, est un grand lecteur... Voici quelques suggestions de sa part:

W. G. Sebald

Les Anneaux de Saturne
Traduit de l’allemand par Bernard Kreiss
Actes Sud, 1999.
Édition originale : 1995.
« […] Aujourd’hui, plus d’un an après ma sortie de l’hôpital, ayant entrepris de recopier mes notes au propre, je ne puis m’empêcher de penser qu’à ce moment-là, tandis que mon regard plongeait du huitième étage sur la ville gagnée par le crépuscule, Michael Parkinson était encore en vie, dans sa maison exiguë de Portersfield Road, occupé sans doute, comme d’habitude, aux préparatifs de quelque séminaire ou à la rédaction de son étude sur Ramuz à laquelle il consacrait depuis des années le plus clair de son temps. Michael, quarante ans, célibataire, était, comme je le crois, l’un des hommes les plus innocents qu’il m’ait été donné de rencontrer. Rien ne lui était plus étranger que son intérêt personnel, rien ne lui tenait autant à cœur que l’accomplissement de son devoir, en particulier dans les conditions de plus en plus difficiles que nous rencontrions depuis un certain temps. Mais plus que par n’importe quoi d’autre, il se distinguait par une absence de besoins dont certains disaient qu’elle confinait à l’excentricité. En un temps où la plupart des gens doivent acheter sans cesse quelque chose pour assurer leur entretien, Michael n’achetait pratiquement jamais rien. D’une année à l’autre, il portait, depuis que je le connaissais, alternativement une veste bleu marine ou brun rouille, et quand les manches ou les coudes étaient râpés, il recourait à l’aiguille et au fil, y cousait lui-même une pièce de cuir. Il allait, disait-on, jusqu’à retourner le col de ses chemises. Pendant les vacances d’été, en rapport avec ses études consacrées à Ramuz, Michael voyageait à pied dans le pays de Vaud et le Valais, parfois aussi dans le Jura ou les Cévennes. Souvent, lorsqu’il rentrait d’un tel périple ou quand j’admirais le sérieux avec lequel il faisait son travail, j’avais l’impression d’avoir affaire à quelqu’un qui avait trouvé le bonheur à sa manière, dans une forme de modestie devenue de nos jours presque impensable. […] » (p. 16-17).

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* Dans Valeurs actuelles, du 22 au 28 février 2018, p. 72 :

Amaury Nauroy, Rondes de nuit,
Le Bruit du temps,
2018, 288 pages, 24 euros

“L’auteur emprunte au tableau de Rembrandt non seulement son titre, mais le point de vue de la fillette qui s’est égarée au milieu de la patrouille : en guise de mousquetaires de la milice bourgeoise d’Amsterdam, ceux qu’il voit et qu’il décrit sont de Suisse romande; Henry-Louis Mermod tout d’abord, le grand éditeur si mal connu en France, et les écrivains et artistes qu’il a publiés et défendus, Ramuz, Cingria, Gustave Roud, Philippe Jaccottet ou Jacques Chessex, cercle amical dont l’auteur se fait le chroniqueur à la fois fervent et familier”. (Ph. B.).
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  • Dans Le Figaro littéraire, 29 mars 2018, p. 8 :
“Lorsqu’on a rendez-vous pour déjeuner avec François Espéret, une seule question se pose : de quoi ne parlerons-nous pas ? Ce garçon a beau faire, tout l’intéresse : Bob Dylan, “le poète génial, l’avatar contemporain du roi David”, Louis-Ferdinand Céline et la “merveille de Guignol’s band”, Marcel Proust, le Ramuz de La Guérison des maladies, l’argot des classes dangereuses, la prière du cœur de saint Grégoire Palamas, les romans picaresques espagnols, les poèmes de Jean de la Croix, sans oublier Les Corps tranquilles, Les bêtises et Histoire égoïste de Jacques Laurent” (Sébastien Lapaque, “Le poète et les anges vagabonds”).


http://www.lefigaro.fr/livres/2018/03/28/03005-20180328ARTFIG00146-francois-esperet-le-poete-et-les-anges-vagabonds.php


Albert ALGOUD, "Les Coeurs simples", Casterman, 2017 : ce livre contient un texte de Ramuz, "Benoît"

Nouvelle information fournie par un membre de notre association, Philippe REGOTTAZ


"Dans cette anthologie où sont évoqués les "idiots, simplets, arriérés, crétins des Alpes et d'ailleurs", un texte de Ramuz : pages 132 à 144, "Benoît" (publié le 10/08/1912, dans La Grande Revue).
 Éditions Casterman, avec une illustration de Zep
NB : Les bénéfices de cet ouvrage seront reversés à "La Bonne Aventure", association d'aide aux personnes atteintes d'autisme."

lundi 26 mars 2018

"Jos Jullien à Charles Forot, Lettres d'un illustrateur à son éditeur" (1920-1932), édition établie par Stéphane ROCHETTE




Le Jeudi 29 mars 2018 a eu lieu une conférence de Stéphane ROCHETTE
aux Archives départementales de l'Ardèche, à Privas


Voir article du Dauphiné libéré du 2 avril 2018 :

https://www.ledauphine.com/ardeche/privas?page=4 


Avant la conférence, Stéphane Rochette avec les propriétaires du Pigeonnier et la directrice des Archives départementales
                                                  




Voir article du Dauphiné libéré du 26 mars 2018 :

 https://www.ledauphine.com/ardeche/privas?page=7
 
Stéphane Rochette se penche une nouvelle fois sur le courrier de Jos Jullien

Le nom de Jos Jullien – ou du médecin artiste Jos Jullien – n’est pas totalement étranger aux membres des Amis de Ramuz. Dans l’ouvrage du galeriste Stéphane Rochette, Le Grand Voyage de Ramuz (Les Amis de Ramuz, 2013), on retrouvait, en effet, l’écrivain suisse découvrant l’Ardèche avec pour guide Jos Jullien. Dans le Bulletin des Amis de Ramuz n° 38 (2017), on peut voir un portrait de Joseph de Maistre par Jos Jullien.

Les Archives départementales de l’Ardèche ont reçu récemment une donation qui concerne les lettres de Jos Jullien à Charles Forot. Elles ont demandé à Stéphane Rochette d’établir cette correspondance en vue de publication.
L’ouvrage vient de paraître, gros volume de 380 pages... Il est superbe ! Et très divertissant, grâce à la personnalité de ce Dr Julliens, aux talents si nombreux, dont celui d'amuser son destinataire et de l'intéresser aux sujets les plus divers.


Jos JULLIEN


Charles FOROT

Jos Jullien a illustré vingt livres aux éditions du Pigeonnier. C’est avant tout cette collaboration, entre un illustrateur et son éditeur, qui est évoquée dans cette correspondance. 

Lettre de J. Jullien à Ch. Forot, 31 mai 1922.


 
Illustration de la même lettre, à droite du texte :
portait de Il Sodoma.


Mais, par exemple, le voyage en Ardèche de Ramuz, en avril 1926, est également entrevu. Rappelons que ce détour par l’Ardèche avait été décidé par Ramuz pour remercier Jos Jullien qui venait de réaliser son portrait (voir ce portrait dans le Bulletin des Amis de Ramuz n° 31 (2010) et Le Grand Voyage de Ramuz).

            Dans une lettre du 7 mars 1926, Jos Jullien écrivait à Charles Forot : "Ramuz m’écrit une très gentille lettre en m’annonçant sa visite au début d’avril. Je l’amènerai au Pigeonnier. Conquérons la Suisse."
  Ramuz alla bien au Pigeonnier, mais ni Jullien ni Forot ne conquirent la Suisse…

Le livre est abondamment illustré, ce qui allait de soi. De nombreuses notes viennent aussi éclairer le texte et le contexte.
Signalons, en fin de volume, un Répertoire des noms qui fixe avant tout une époque artistique et littéraire en Ardèche.

Illustration pour Viviers, eau forte, 22 x 15 cm, 1926

 Illustrations aquarellées pour Pages lyriques de Gabriel Faure, 1925 :


Jos Jullien, En Italie, 3 x 3 cm.


Jos Julliens, L'église, 5 x 8 cm.


Jos Jullien, La gondole, 10 x 8,5 cm.
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Le livre peut être commandé directement aux
    Archives départementales
     Quartier la Chaumette
       BP 737
      07007 Privas cedex

avec un chèque de 26,40 euros (port compris)
libellé à l'ordre du TRÉSOR PUBLIC

samedi 24 mars 2018

Reprise du spectacle "La Folle en costume de Folie", à partir du 13 mai...


Le spectacle adapté de la nouvelle de Ramuz, 
"La Folle en costume de  Folie" 
a été très apprécié.
 Il va être repris en mai, et juin
 les jours indiqués sur l'affiche :


Prolongation du spectacle




































        « La Folle en costume de folie » est une nouvelle de Ramuz que Françoise Taillandier a mise en scène et qu'elle interprète. Nouvelle parue pour la première fois dans Les Nouvelles littéraires, le 22 novembre 1945.
          Avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité, mêlant exubérance et intériorité, Françoise Taillandier nous offre ce conte cruel. Dans le respect du texte, elle nous fait vivre un moment de la vie de la Tiâ, cette folle d’amour. On sourit souvent, on rit même parfois, et d’autres moments bouleversent. Ramuz interroge l’espérance et la douleur, la farce et la folie, la raison…

         Et quelle belle idée, cette présence d’un accordéoniste ! Françoise Taillandier retrouve l’esprit de cet instrument populaire auquel Ramuz a fait jouer un rôle essentiel dans La Beauté sur la terre, le chef-d’œuvre de ses récits « du lac ». Ici, ce n’est pas avec la belle Juliette que l’accordéon dialogue, mais c’est la Tiâ que l’instrument et son interprète, dans une musique choisie, accompagnent, interpellent, prolongent.

      Dans un monde cruel, peut-être la folie est-elle préférable à la raison ?
Excellente nouvelle que ce spectacle de qualité soit repris au théâtre  "Guichet Montparnasse", entre le 13 mai et le 1er juillet, le dimanche à 16 h 30… 
Allez-y,  Amis  parisiens, de France et de Navarre !
   Jean-Louis Pierre