samedi 15 février 2014

BULLETIN 34 des "Amis de Ramuz" (2013)

Bulletin 34 (2013)
Sommaire du Bulletin 34
(2013)
 
- ACTUALITES RAMUZIENNES : Hommage à Michel Minard, par J.-L. Pierre ; Brèves, par G. Poulouin ; Actualisation du Fonds Ramuz, par S. Puel ; Une virée improbable, "Le Grand Voyage de Ramuz" de Stéphane Rochette, par Ph. Bacle ; Passeurs de mots, par J.-L. Pierre ; Miroirs d'Aline, ethnocritique d'un roman de C. F. Ramuz, par F. Ménand Doumazane ; A retenir ! 5e Colloque international C. F. Ramuz, à Tours, en 2014.
 
 
- SUR RENE AUBERJONOIS ET JEAN-MARIE DUNOYER : R. Auberjonois et J.-M. Dunoyer, un illustrateur et un biographe de Ramuz, par Stéphane Rochette ; "Huit lettres de R. Auberjonois à J.-M. Dunoyer", présentation et notes de S. R.
 
- PARADIS PERDUS : Pourrat, Ramuz, Alain-Fournier et le paradis, par J.-L.Pierre ; A la recherche du paradis perdu, texte d'Henri Pourrat.
 
- ETUDES SUR LA THEMATIQUE  DU LIEU ET DE L'ESPACE CHEZ C. F. RAMUZ (suite) : Deux souvenirs d'enfance de C. F. Ramuz, par C. Morzewski ; 'Terre du ciel, petite topographie du Paradis" par L. Jouannet.
 
-DOSSIER sur UN MORCEAU de C. F. RAMUZ, "GRANDEUR DE PARIS" : Présentation du texte, par J.-L. Pierre ; Grandeur de Paris, texte de C. F. Ramuz et notes de J.-L. P.; "C'est le cœur qui parle...", par L. Jouannet.
 
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Nous proposons ci-dessous un ensemble d'illustrations nouvelles
par rapport au Bulletin
(ou la version "couleurs" de celles qui y gagnent...)
 
 
Nous avons choisi deux rubriques :
1) PARIS (pour illustrer "Grandeur de Paris" de Ramuz (pp.169-191)
2) La RESURRECTION pour l'étude sur Terre du ciel (pp. 83-168))
 
 
PARIS
 
Place de la Concorde, vers 1913
(cf. Bull. 34, p. 181, note 8).
 
 
 


Kees Van Dongen, Le Pont des Arts.

"Je me penche vers ton fleuve vert,
dont l'eau sans transparence
constitue un volume de plus." C. F. Ramuz
(op. cit , p. 175).

Jean Béraud, Rue de la Paix, 1900.


Jean Béraud, Parisienne,
Place de La Concorde, 1890.
 
En couverture, Kees Van Dongen,
 Femme au chapeau noir, 1908.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jean Béraud, Au  café, 1910.
 
Nous renvoyons aux nombreuses toiles de Jean Béraud
pour les scènes de Paris de la fin du XIXe
et le début du XXe.
 
 
 
 
 
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Autour de la RESURRECTION 
dans les différentes versions de TERRE DU CIEL
de C. F. Ramuz
Illustrations du Bulletin 34 
Vitrail de la Sainte-Chapelle, Musée de Cluny.
Le Jugement dernier, retable d'Orchaise.
 
 
Détail du tableau de Dirk Bouts La Chute des damnés,
dont parle Ramuz dans ses Notes du Louvre.

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Voici également quelques illustrations de l'édition originale (1775) de la Bible d'Osterwald :  Ramuz utilisait une édition postérieure, mais ce sont des images de ce type qui ont dû participer à nourrir son imagination enfantine... Certains passages de la première version de "La Résurrection des corps" (1916) font un peu songer à ces compositions aériennes :

 






 
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Enfin, nous remercions une lectrice
pour la "composition" suivante :
 

Chèvres, fresque d'Akrotiri, musée de Phira,
Santorin, Grèce, vers 1500 av. J. C.
Il n'est pas exclu que les petites chèvres de Santorin, englouties d'abord dans l'éruption volcanique (qui a peut-être donné naissance au mythe de l'Atlantide) aient attendu jusqu'en 1967 (ap. J. C. )pour être ramenées au jour et... marcher avec Thérèse sur l'arc en ciel !!! Avec Ramuz, ce miracle s'accomplit dans la version de 1916 (cf. Bull. 34, pp. 113-114).
 
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Annexe
 
1) Un tableau du Gréco dont la composition fait penser
(mutatis mutandis)
à la composition de celui de Chemin, dans la fin de Terre du ciel :
 
2) Un tableau du peintre britannique Stanley Spencer
intitulé The Resurrection, datant de 1924-1927,
époque où Ramuz remanie son texte...

 
 
Le Gréco, Le Rêve de Philippe II (détail),
vers 1579.


Il est clair que, pour les fidèles en prière, l'attrait du monde céleste (et du nom de Jésus - IHS) est d'autant plus fort que la "bouche" de l'Enfer se profile à droite de la toile...
 

 
 
Et l'étrange cimetière de Spencer:
 
 

Stanley Spencer, The Resurrection, 1924-7, Tate, Londres.
 
N. B. : Il est recommandé de cliquer sur les images pour les agrandir,
ce qui est - en principe - particulièrement utile pour la dernière...
 
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Pour les Internautes de passage, nous indiquons
 que les Amis de Ramuz ont aussi un SITE
où les Bulletins sont présentés.
Voir le lien :
 

vendredi 14 février 2014

SIon, 2014 : spectacle pour le 300e anniversaire de l'éboulement de DERBORENCE

Sion: Mathieu Bertholet en charge du spectacle d'été 2014

Derborence, de C. F. RAMUZ,
 adapté au théâtre
 pour le 300e anniversaire de l'éboulement...

           
 

  théâtre                    

Mathieu Bertholet a choisi d’adapter le roman de Charles-Ferdinand Ramuz, "Derborence".
Crédit: Sacha BITTEL
                                   
Le Conseil municipal de la Ville de Sion a décidé d’attribuer le mandat du spectacle d’été 2014 au metteur en scène valaisan Mathieu Bertholet.

Mathieu Bertholet, metteur en scène de théâtre contemporain et créateur de la compagnie MuFuThe, s’est vu attribuer par le Conseil municipal de la Ville de Sion la direction du traditionnel spectacle d'été en plein air. Le Valaisan a choisi d’adapter le roman de Charles-Ferdinand Ramuz, "Derborence". Actuellement en résidence au théâtre du Crochetan pour une durée de trois ans, il nous raconte son projet, son amour pour le Valais et la langue de Ramuz.

A quoi va devoir s’attendre le public valaisan cet été?

Je veux proposer un grand spectacle avec pas moins de douze acteurs sur la scène. Scène qui sera montée sur la place Maurice Zermatten pour que les montagnes servent de décor à cette histoire qui est avant toute une histoire d’amour. Une histoire très forte liée à la fatalité, au destin, aux dangers de cette nature qui peut s’avérer si menaçante. Ici la nature donne et reprend. C’est un phénomène qu’on ne connait que trop bien dans les montagnes valaisannes.

Quel rapport entretenez-vous avec le spectacle d’été de la ville de Sion?

J’y ai commencé ma carrière notamment avec le spectacle Farinet en 1985. Le spectacle de plein air est aussi à l’origine du parcours théâtral de la compagnie MuFuThe. Sainte Kümmernis en 2008 était la première création de la compagnie. C’est donc un lien fort qui m’unit à la tradition du théâtre de plein air sédunoise. J’aime le Valais et j’ai un profond désir de travailler ici. Tous les spectacles que nous avons conçus, nous les avons joués dans le canton. Il y a une réelle tradition du théâtre en Valais. Il n’y a qu’à voir le nombre de compagnies amateurs.

Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans "Le  Nouvelliste" du samedi 9 novembre.

Par F.D.R.

http://www.lenouvelliste.ch/fr/valais/sion/sion-mathieu-bertholet-en-charge-du-spectacle-d-ete-2014-497-1233846

mercredi 5 février 2014

" Des mots sur l'Alpe, pas à pas dans la littérature romande"

      Mme Josiane Bataillard, membre de  notre association, nous fait part d'un projet de vacances avec atelier d'écriture, de lecture, etc. qu'elle contribue à animer, en 2014, à Gstaad, en Suisse.

Voici la description de ce projet :

Des mots sur l’alpe, pas à pas dans la littérature romande.
Une semaine de vacances passée à musarder entre balades dans la nature et balades dans des livres. C’est la nouvelle proposition de l’hôtel Gstaaderhof.

Participer à l’atelier « balades en lisant et en écrivant » sera un singulier privilège. Les ateliers d’écriture et lecture, sont accessibles à toute personne ayant cette petite envie de découvrir la littérature d’un coin du monde, et l’autre petite envie d’écrire, sans façon, sans appréhension.
Les deux animatrices, Josiane Bataillard et Nicole Cordier, sauront être à l’écoute de vos attentes et vous emmener un pas plus loin.
Chaque semaine de vacances créatives (voir le calendrier) envisage un parcours avec trois auteurs phares : Robert Walser, Charles Ferdinand Ramuz et Roland Buti pour l’année 2014.

Lire, écrire et se laisser porter.

Suivant les visites et les balades proposées, les thèmes abordés, les moments de lecture et d’écriture alterneront de façon souple, dans une suite de petits ateliers basés sur les échanges. Un entraînement pour l’oral et l’écrit mettra les participant-e-s à l’aise, à travers des exercices ludiques.
Les animatrices souhaitent instaurer un climat de confiance, de partage, révéler en chacun et chacune le plaisir de découvrir un auteur contemporain et d’écouter un auteur classique oublié. Quelle surprise aussi de se trouver un style, une faculté à écrire un bout d’histoire !
Entre l’exercice à la table, la déambulation littéraire et les échanges, chaque participant-e pourra développer sa créativité. La semaine se terminera par la mise en forme d’une plaquette comportant une partie des textes écrits au cours de la semaine, et par un repas ponctué de lectures.
Mots à lire, mots à écrire, lors d’un séjour confortable, dans un hôtel accueillant, c’est une autre forme de vacances, sur le chemin des livres et de la découverte de soi à travers l’écriture.
 
Cela dit : L’atelier est aussi accessible au public régional.

Josiane Bataillard et Nicole Cordier

Programme 2014
Atelier hiver : 23 au 30 mars 2014
Atelier printemps : 18 au 25 mai 2014
Atelier automne : 12 au 19 octobre 2014

Gstaad, le 1er février 2014

Pour de plus amples informations et images veuillez contacter:

Hôtel Gstaaderhof
Christof Huber
Lauenenstrasse 19
3780 Gstaad
Tel.: 033 748 63 63
E-Mail: info@gstaaderhof.ch
www.gstaaderhof.ch
Facebook: https://www.facebook.com/Gstaaderhof

dimanche 26 janvier 2014

lundi 20 janvier 2014

La petite "Histoire du soldat" dans la grande Histoire, in "Télérama hors-série 14/18"

 
 
Image de couverture :
Charles Martin, La Folie de la guerre, 1917,
gouache sur papier.

Dans cet intéressant numéro intitulé "L'Onde de choc dans la culture française", nous avons la surprise de trouver un chapitre consacré à la musique ("En sourdine", par Bernard Mérigaud, p. 87) avec un petit paragraphe sur Histoire du soldat... Le nom de Ramuz est cité et la phrase de Stravinsky ne manque pas d'intérêt !
 
 
 
Nous ne résistons pas au plaisir de proposer quelques extraits de la page suivante (p.88) de l'article, intitulée
 
 "Archets de troupe" :

 
 
Et l'évocation d'un exploit doublement miraculeux :
 
Sur d'autres fronts, certains ont bricolé des instruments de fortune et écrivent la légende. Ainsi du violon de René Moreau, légué au Conservatoire en 1972 par sa fille, accompagné de cette notice :
"Construit dans les tranchées en Alsace. Fait d'une vieille boîte de madeleines de Commercy. Tout travaillé et sculpté au couteau de poche ! Teint... à la teinture d'iode ! agrémenté de peaux de chèvre sur les côtés [...] L'archet a été fait avec les crins de la queue du cheval du colonel ! L'instrument marchait si bien qu'avec celui-ci il joua la Méditation de Thaïs aux Boches de la tranchée d'en face. Il joua, monté sur une petite éminence. Tout le monde se tut et l'écouta jouer ! Le lendemain, on entendait jouer de la musique dans la tranchée adverse." B. M.

"Au violoncelle bricolé, le sous-lieutenant Cokh, en 1916"
Copyright Photographie Jacques Boyer/Roger-Violet
 
 A méditer...
 


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Voir aussi... à l'affiche: 
 
Histoire du soldat, Opéra de Paris,
 5 et 6 mars 2014
 

 
 et
 
 
 
Histoire du soldat, Opéra comique,
5, 6, 7 avril 2014

dimanche 8 décembre 2013

Editions Slatkine : 29e et dernier volume des "oeuvres complètes" de C. F. RAMUZ

Evénement célébré par plusieurs medias
 en Suisse... 
 Nous proposons les articles de
la RTS et du Temps
(et un lien vers Le Courrier)
RTS INFO

http://www.rts.ch/info/culture/5313615-des-ecrits-inedits-pour-cloturer-les-oeuvres-completes-de-ramuz.html

Des écrits inédits pour clôturer les œuvres complètes de Ramuz

22.10.2013 19:35


Le 29e et ultime volume des œuvres complètes de Charles-Ferdinand Ramuz sera publié ces prochains jours. Cet ouvrage met fin au chantier Ramuz, qui aura duré 10 ans et coûté près de 5 millions de francs.

C'est l'une des grandes aventures à la fois littéraire et patrimoniale de la décennie en Suisse romande qui prend fin: l'édition des œuvres complètes de Charles-Ferdinand Ramuz. Ce que l'on appelé le chantier Ramuz, lancé en 2001, aura coûté près de 5 millions de francs.

Il s'achève avec la parution prochaine aux Editions Slatkine du 29e et ultime volume des œuvres complètes de l'écrivain vaudois, un volume entièrement composé d'inédits retrouvés à La Muette, demeure pulliérane de l'écrivain.
Parmi ceux-ci, un roman ou encore des notes prises au Louvre lorsque l'écrivain vaudois était à Paris avant la Grande Guerre.

Cinq millions de francs

Il aura fallu plus dix ans de travail pour réaliser cette édition, qui comprend également les deux volumes réunissant l'œuvre romanesque de Charles-Ferdinand Ramuz dans la prestigieuse collection "Bibliothèque de la Pléiade" chez Gallimard, à Paris.

Une quarantaine de chercheurs ont travaillé au chantier Ramuz. Plusieurs fondations ont contribué à son financement, ainsi que l'Etat de Vaud et l'Office fédéral de la culture. Le coût total de l'entreprise avoisine les cinq millions de francs.

Raphaël Aubert/dk

Un album sur les "vies" de Ramuz

Outre la parution de cet ultime volume intitulé "Notes anciennes et textes retrouvés", la fin du chantier Ramuz donne aussi lieu à un album consacré aux "Vies de Charles-Ferdinand Ramuz". Cet album, signé Daniel Maggetti et Stéphane Pétermann, présente des écrits de l'écrivain vaudois, mais aussi de nombreux documents: coupures de presse, photos, peintures.


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 Dans Le Temps :

"Ramuz retrouvé, Ramuz à réinventer"

Epopée littéraire

samedi 02 novembre 2013 Eléonore Sulser

      
    Charles-Ferdinand Ramuz, un travailleur infatigable. (AFP)
     

    Roger Francillon et Daniel Maggetti racontent l’aventure des Œuvres complètes, un vaste chantier qui a mené à la publication de 29 volumes, dont le dernier porteur d’un roman inédit, «La Vieille Henriette» paraît la semaine prochaine. Les deux professeurs disent comment l’image de l’homme et de l’écrivain a changé à la lumière des textes retrouvés

    Genre: Œuvres complètes
    Qui ? C. F. Ramuz
    Titre : Notes anciennes et textes retrouvés. Vol. XXIX
    Textes établis, annotés et présentés par Anne-Lise Delacrétaz, Claudine Gaetzi, Daniel Maggetti, Stéphane Pétermann et Laura Saggiorato
    Chez qui ? Slatkine, 522 p.

      Notes anciennes et textes retrouvés, qui paraît en ce début novembre 2013 (en librairie la semaine prochaine), met un point final à une entreprise énorme et unique à ce jour en Suisse romande, dont l’idée a germé dans les années 1990: l’édition des Œuvres complètes de C. F. Ramuz (1878-1947).
    Il a fallu – pour réunir en 29 volumes son journal, ses écrits de jeunesse, ses nouvelles, une partie de sa poésie, son théâtre, ses articles et chroniques, ses essais, ses écrits autobiographiques, ses romans et quelques carnets et notes de lecture – que ses manuscrits quittent La Muette à Pully, grâce à Doris Jakubec, pour être inventoriés et microfilmés soigneusement. Il a fallu trouver un éditeur – ce sera finalement Slatkine à Genève – et prévoir un calendrier et des formes de publications qui ne feraient pas d’ombre aux deux volumes de la Pléiade (parus en 2005), qui devaient pour leur part se limiter aux romans. Il a donc fallu différer la publication des romans de Ramuz – qui parachèvent en effet cette édition Slatkine – pour commencer, en 2005 également, par le Journal de Ramuz. Il a fallu enfin trouver des fonds (plus de quatre millions et demi de francs venus de l’Etat de Vaud, le Fonds de la recherche scientifique, la Loterie Romande, la Fondation Sandoz, la Fondation Leenaards) et rassembler une équipe, nombreuse, prête à se lancer dans ce qui deviendra très vite le « chantier Ramuz ».
    « La Vieille Henriette »
    Roger Francillon, professeur à l’Université de Zurich, se voit chargé de diriger l’édition de ces Œuvres complètes par la famille de Ramuz. « J’étais en fin de carrière, dit-il, et je ne me voyais pas prendre seul la responsabilité de ce travail immense. J’allais quitter Zurich, je n’aurais plus eu d’assistants, d’équipe, même si Lausanne était mon ancienne université. J’ai donc demandé à la famille que Daniel Maggetti soit coresponsable. » D’autres spécialistes éminents rejoignent une équipe au sein de laquelle se formeront nombre de jeunes chercheurs. Il faut transcrire, annoter, comparer, corriger. Le travail est immense et les découvertes nombreuses : « Nous avons publié beaucoup d’inédits. Il y a neuf romans, plusieurs dizaines de nouvelles, l’ensemble des écrits de jeunesse, tout cela est inédit », souligne le directeur du Centre de recherches sur les lettres romandes, Daniel Maggetti. Jusqu’à ce tout dernier volume, où figure encore un roman de 1904, dont on connaissait l’existence mais que personne n’avait lu, "La Vieille Henriette", déniché in extremis par les chercheurs.
    Toujours à sa table
    « Tout cela donne une image beaucoup plus riche et contrastée de Ramuz », relève Roger Francillon. Et en effet, voilà qu’apparaît peu à peu, avec ces Œuvres complètes, un autre Ramuz. Un Ramuz à redécouvrir. Car si vous possédez des textes de Ramuz chez vous, des éditions de poche ou même la grande édition Rencontre, celle de ses premières «œuvres complètes» conçues et sélectionnées par Ramuz lui-même, vous serez peut-être surpris en découvrant les textes de l’édition Slatkine.
    Ramuz était un travailleur infatigable, expliquent Roger Francillon et Daniel Maggetti. Sans relâche, il écrivait, retouchait, retravaillait ses textes. « C’est un auteur qui, dès le début, consacre en tout cas cinq ou six heures par jour à l’écriture, détaille Daniel Maggetti. Il est très systématique. Toujours à sa table de travail. Ce n’est pas un écrivain de plein air. On trouve peu de notes, de griffonnages, à la différence d’un Cingria ou d’un Roud. Dès le moment où il rédige une première version, il achète du grand papier, souvent du beau papier, avec de grandes marges. Son écriture est belle. Il est très linéaire. Il se donne une ligne et la suit. Ce n’est pas un rhapsode. Il fait des plans et développe de façon très organisée. » « Et quand il n’est pas satisfait, il recommence, ajoute Roger Francillon. Il retouche. Tous ses manuscrits portent les traces de deux ou trois relectures. Les épreuves sont de nouveau corrigées et ainsi de suite. Et il reprend ses romans, entre chaque édition. »
    Les textes bougent, donc, d’une parution à l’autre. Dans la Pléiade, Aline date de 1941. Chez Slatkine, on lit la version originale de 1905. Mais deux autres versions ont été publiées entre ces deux dates. Pour Farinet ou la fausse monnaie, il manque carrément un chapitre entier, selon que le livre s’adresse à un public suisse ou parisien, note Daniel Maggetti. Comment faire pour rendre compte de toutes ces variantes? Comment faire lorsque 22 romans publiés représentent en fait 78 textes différents?
    L’ADN des textes
    Là, le « chantier Ramuz » innove en utilisant un logiciel d’analyse de textes, baptisé Medite, capable de comparer – une fois les textes nettoyés de toutes leurs particularités graphiques – des versions entre elles. D’où ces dix CD-Rom qui accompagnent les volumes où sont regroupés les romans, et qui en affichent toutes les variantes. « Cette parade nous a sauvé la vie, dit Daniel Maggetti. Par un hasard providentiel, quelqu’un de l’équipe avait des contacts à Paris et avait entendu parler d’un programme mis au point par un mathématicien pour comparer des courbes ADN qui était en train d’être adapté aux textes littéraires… »
    Il n’y a pas que les textes qui ont bougé et qui se retrouvent aujourd’hui stabilisés dans cette édition. L’image de Ramuz lui-même, cette image de grand homme, soigneusement peaufinée par l’écrivain de son vivant, lui qui écrivait dans son Journal, en 1910, « Je ne me connais pas, je m’imagine », cette image n’est plus tout à fait la même, pour les chercheurs. En témoigne d’ailleurs le bel album illustré, intitulé Vies de C. F. Ramuz, signé Daniel Maggetti et Stéphane ­Pétermann, qui accompagne la sortie des derniers volumes des Œuvres complètes et qui témoigne de ce nouveau regard et des vies plurielles de l’écrivain.
    Une nouvelle biographie
    « Il faudrait réécrire une ­biographie, suggère Roger Francillon. Je pense à ses écrits autobiographiques, dans lesquels, par exemple, il prétend avoir été un médiocre étudiant. C’est faux. C’est une image qu’il se donne. En revanche, d’autres aspects de l’homme se confirment: l’obstination, la ténacité. Très vite, vers 1907, il dit qu’il n’est pas Suisse, qu’il n’y a que des Vaudois, des Bernois, des Valaisans. Trente ans plus tard, il le redit à Denis de Rougemont. C’est pareil pour sa volonté de ne pas faire de folklore, d’être un véritable artiste. »
    Daniel Maggetti, de son côté, s’étonne qu’on ait si peu questionné sa légende jusqu’ici : « Il y a certaines mythologies qu’il a entretenues et qui sont assez loin de la vérité, sur sa famille, sur son rapport à l’argent. On l’a toujours cru pauvre, il n’a en fait jamais manqué de rien et il gérait très bien ses affaires. Il se présente comme un écrivain qui s’est fait tout seul. Or on découvre combien certains auteurs ont été importants pour lui. Par ailleurs, le Ramuz le plus apprécié, le plus folklorisé, c’est celui de la célébration : Lavaux, la vigne, Passage du poète, la montagne. Mais dans les faits, ses textes qui sont à certains égards les plus forts sont d’un pessimisme très noir. Il a beaucoup de doutes. »Enfin, ajoute le directeur du Centre de recherches sur les lettres romandes, « on découvre un écrivain non pas « engagé », mais qui mène en permanence une réflexion en lien avec la réalité contemporaine. Il ne vit pas dansun monde de fiction séparé. Il est très attentif à ce qui se passe autour de lui, et il tient à l’exprimer. Il avait l’ambition de dialoguer avec les intellectuels de son temps. »
     

    Plus qu’une nouvelle biographie, c’est « une thématique, une esthétique nouvelles » que dessinent ces Œuvres complètes autour de Ramuz, estime Daniel ­Maggetti. « On peut se poser, maintenant, la question du projet de l’écrivain dans son ampleur, sous ses différentes facettes, de sa véritable relation au monde. » Un nouveau chantier, peut-être, pour un Ramuz que ses œuvres, enfin défrichées, permettent désormais de réinventer.

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    Pour la route, suggestion d'un autre lien
    vers Le Courrier ...

    http://www.lecourrier.ch/116383/ramuz_reinvente
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    A noter que ce dernier volume (29) contient aussi

    un précieux INDEX de 25 pages !  Les privilégiés qui ont déjà le livre l'ont vu et l'ont cru...
    

    Nouveauté dans l'édition : "la guêpine" (de Jean-Louis Pierre)


    

    Nous nous réjouissons de fêter la naissance
    d'une  nouvelle maison d'édition :


     
    Derrière ce logo vibrionnant et ce nom d'insecte taquin se cachent l'entreprise de notre président, Jean-Louis Pierre (et alii), et une ligne éditoriale :  des textes un peu "piquants"... impertinents,
     qui se démarquent de la pensée correcte,
    ou qui sont novateurs pour leur époque !
     
    (Mais on ne s'interdira pas quelque 'beau texte'
    en dehors de cette ligne globale...)
     
     Déjà au catalogue :

     CHATEAUBRIAND, FLORIAN, C. F. RAMUZ...
     
    
    C. F. RAMUZ, Conformisme
    préface de Jacques Chessex,
    10 €
     
     



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    Petite précision: les couvertures sont blanches, et les titres en bleu foncé !
    Pour les informations et les commandes :
     
    la guêpine, éditions,
    10 Mail de la Poterie, F. 37600 LOCHES
    Tél. Fax : 02 47 59 51 57